La rééducation canine demande du temps, de l’implication et une collaboration réelle entre le maître et le professionnel. Il n’y a pas de magie, mais de vrais progrès.

Ma formation m’a amenée à travailler avec des chiens réactifs, agressifs, mais aussi profondément craintifs et anxieux, dès le départ.
Pas plus tard. Pas en option.
C’était la base.

Avant même de penser à enseigner quoi que ce soit, j’étais déjà confrontée à des chiens en grande difficulté émotionnelle.
Des chiens envahis par la peur, l’anxiété, l’hypervigilance ou des comportements de défense marqués.
Des chiens pour qui rien n’est simple, ni rapide.

Et ces chiens n’ont jamais quitté ma vie.
Ils en ont fait partie, et ils en font encore partie aujourd’hui.

Commencer son parcours avec ce type de profils change profondément la façon de travailler.
On apprend très vite à regarder l’état émotionnel avant le comportement.
À comprendre que certains chiens ne sont pas disponibles pour apprendre, réfléchir ou répondre à une demande tant que leur système est saturé.

Dans ces conditions, la rééducation n’est pas une étape qu’on ajoute plus tard.
C’est le point de départ.

Mais c’est aussi là qu’une réalité importante s’impose :
la rééducation prend du temps.
Elle demande une réelle implication du maître.
Et elle ne repose jamais uniquement sur l’éducateur ou le comportementaliste.

Il n’existe pas de solution miracle, ni de coup de baguette magique.
On accompagne un chien dans la durée, avec des ajustements constants, des périodes de progression… et parfois des plateaux.

Loup en est un bon exemple.
Ça fait maintenant deux ans que je travaille avec lui.
Tout n’est pas réglé.
Mais énormément de choses ont évolué.

Et c’est justement ça, la vraie rééducation.
Voir un chien avancer, gagner en stabilité, en compréhension et en capacité à fonctionner dans son environnement — même si le chemin n’est pas linéaire.

Ce travail de fond forge une pratique ancrée dans le réel.
Quand vient le moment d’enseigner, ce qui est transmis ne repose pas sur des promesses irréalistes, mais sur une approche testée auprès de chiens pour qui rien n’était simple.

Beaucoup de chiens craintifs, anxieux, réactifs ou agressifs sont abandonnés parce que la réalité de ce travail n’a pas été expliquée clairement.
Mieux informer, mieux accompagner et mieux préparer les maîtres peut réellement changer leur trajectoire.

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