Il y a une réalité qu’on évite souvent de nommer en éducation canine.
Parfois, ce n’est pas le chien qui pose problème.
Et ce n’est pas non plus l’humain.
C’est le duo.
Certains chiens demandent énormément :
du temps,
de la constance,
une structure claire au quotidien,
une stabilité émotionnelle,
et une vraie cohérence dans les limites.
Et certains humains, même impliqués, même motivés, même remplis de bonnes intentions, n’ont tout simplement pas le profil, l’énergie ou la disponibilité que ce type de chien exige.
Ce n’est pas un jugement.
Ce n’est pas un manque d’efforts.
Ce n’est pas un échec personnel.
C’est une question d’adéquation.
On accepte facilement l’idée que tout le monde n’est pas fait pour certaines exigences physiques ou mentales.
Mais avec les chiens, on préfère souvent croire que l’amour suffira.
La réalité est plus complexe.
Quand le duo ne fonctionne pas, on observe souvent :
– de l’épuisement chez l’humain
– de l’incompréhension chez le chien
– des tensions persistantes
– parfois des situations à risque
– et trop souvent, des décisions prises dans l’urgence ou la détresse
Dire qu’un duo n’est pas adapté, ce n’est pas renoncer.
C’est parfois prévenir.
Prévenir la culpabilité.
Prévenir l’usure.
Prévenir des issues qu’on aurait pu éviter.
Mon rôle n’est pas de rassurer à tout prix.
Mon rôle est d’observer le chien, l’humain et leur réalité, puis d’être honnête sur ce qui est viable — ou non — à long terme.
Tous les chiens ne correspondent pas à tous les humains.
Et tous les humains ne peuvent pas répondre aux besoins de tous les chiens.
Le reconnaître, ce n’est pas être dur.
C’est être responsable.